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Repères sur ce que n'est pas l'ergonomie

Voir aussi la définition de l'ergonomie dans l'onglet "Définition".

L'ergonomie n'est pas une profession protégée comme celles des avocats, médecins, etc. Il en découle de nombreux abus créant la confusion dans l'esprit des personnes ne connaissant pas ce métier. Cette page a pour vocation de vous fournir des repères pour distinguer le vrai du faux.

Il n'y a pas de matériels ergonomiques

Une situation de travail ou d'usage intègre un très grand nombre de paramètres variables d'une situation à l'autre et variables dans le temps. Il est donc impossible qu'un objet, quel qu'il soit, puisse être considéré comme ergonomique dans la mesure où il ne peut pas satisfaire à toutes les situations qui pourraient exister. "Ergonomique" signifie "adapté", "cet outil est adapté" ne signifie pas grand chose si l'on ne précise pas à quoi il est adapté.

L'ergonomie vise la transformation de l'environnement et des outils et non celle des personnes

Tout ce qui relève d'une tentative d'adapter les personnes aux situations de travail est contraire à l'ergonomie qui vise à adapter les situations aux personnes. Le coaching, la formation, les gestes et postures, etc. ne sont pas de l'ergonomie. Ce principe prédispose à la conception produit dans la mesure où il est difficile de transformer l'utilisateur (consommateur) ou de lui demander de s'adapter. A noter aussi que l'ergothérapie n'a rien à voir avec l'ergonomie. L'ergothérapeute effectue des prestations de rééducation, réadaptation et de confection d'attelles, contribuant ainsi au traitement des déficiences et handicaps physiques et psychiques. Les ergothérapeutes exercent le plus souvent à titre salarié en institution (hôpitaux, centres de rééducation, etc.). Ce point est très important pour distinguer l’ergonomie. Il n’est pas possible conceptuellement et méthodologiquement d’associer simultanément les deux approches; il faut choisir entre modifier les outils ou adapter les personnes. De nombreux intervenants sans qualification en ergonomie mélangent facilement les deux notions à des fins purement commerciales (notamment certains formateurs en gestes et postures confrontés aux limites de leur démarche).

L'ergonomie ne se réduit pas à un but particulier : elle touche autant la préservation de la santé qu' à l'efficacité ou l'utilisabilité...

L'ergonomie vise l'optimisation de la situation de travail. L'activité de travail produit des effets sur les personnes (satisfaction, fatigue, etc.) et des effets sur le système (qualité produite, quantité produite, usure des moyens techniques utilisés, etc.). Optimiser les conditions de réalisation de l'activité revient à améliorer tout autant la préservation de la santé que la performance de production.

L'ergonomie n'est pas un talent, mais se pratique à l'issue d'une formation

Les critères HETPEP (Harmonising European Training Programmes for the Ergonomics Profession) constituent un repère incontournable pour qui veut travailler avec un véritable professionnel. Pour plus de détail, vous pouvez consulter le site www.artee.com. Les membres du Syndicat National des Cabinets-conseils en Ergonomie (SNCE) satisfont aux critères HETPEP. Si vous voulez recruter un ergonome, assurez-vous qu'il ait un master2 d'ergonomie dans l'une des formations représentées par les membres du CE2.

Adaptation n'est pas création ex nihilo

L’ergonomie ne peut être à l’origine d’un objectif de production industrielle (ingénierie), de la création d’un besoin nouveau de consommateur (marketing), de la production d’esthétique ou de sens autour d’un objet (design), etc. A chacun son métier !

L’ergonomie ne se réduit pas à l’une des disciplines scientifiques qui la compose.

D'aucuns se présentent comme ergonome psychologue, neuro-ergonome, physio-ergonome, ergonome sociologue, etc. C’est absurde. Un opérateur réalisant des travaux physiques ne vient pas au travail sans son cerveau et tout travail nécessite une mobilisation des ressources cognitives (des travaux dit "manuels" sont beaucoup plus "intellectuels" qu’on ne pourrait l’imaginer) ; un agent travaillant dans le tertiaire (téléphoniste, concepteur DAO, etc.) ne travaille pas sans son corps, il est confronté aussi à des contraintes posturales ou à des gestes répétitifs. Comment caractériser, de façon pertinente, la relation entre un être humain et son environnement, ses moyens d’action, si de grands domaines de compréhension du fonctionnement humain sont laissés de coté ? Ce n’est pas possible.

L’ergonome n’a pas besoin de se spécialiser dans un domaine technique

Les ergonomes qui n’en sont pas convaincus sont ceux qui ne maitrisent pas leur art. Certes, des connaissances techniques dans un domaine permettent peut-être de faciliter le dialogue et de gagner un peu de temps en posant moins de questions candides. Que l’avantage est faible ! Voir contre-productif. Nombre d’innovations peuvent provenir de questions candides (le décalage n'est-il pas source de créativité?). Ce qui fait, en partie, la qualité d’un ergonome est la bibliothèque de situations d’usages et/ou de travail qu’il a en tête. Plus la diversité des situations étudiées sera importante et plus l’ergonome pourra rapidement pointer l’essentiel dans une situation particulière.